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Pas-de-Calais : un homme jugé pour le viol d’un SDF à Arras

Un procès hors norme s’ouvre ce mardi 6 janvier 2026 devant la cour d’assises du Pas-de-Calais, à Saint-Omer. Un homme, déjà condamné pour viol en 2024, est accusé d’avoir abusé d’un SDF lors d’une soirée alcoolisée à Arras en juin 2019. L’accusé, qui nie les faits, avait proposé un hébergement à sa victime avant de profiter de son état d’ébriété. Retour sur une affaire complexe, marquée par l’absence de la victime et les zones d’ombre d’un dossier judiciaire lourd.
 
Le procès, prévu pour durer deux jours, doit permettre d’établir la culpabilité d’un quadragénaire accusé du viol d’un homme sans-abri à la sortie d’un bar d’Arras, dans la nuit du juin 2019. Selon les éléments de l’enquête, la victime, alors à la rue, s’était vu proposer un logement et un repas par l’accusé. Ce dernier aurait profité de la soirée et de la consommation d’alcool pour commettre son acte. Le SDF, parvenu à s’enfuir, avait porté plainte plusieurs mois après les faits, après avoir reconnu l’appartement où les événements se seraient déroulés.

L’accusé, aujourd’hui âgé d’une quarantaine d’années, a toujours nié les faits, comme il l’avait déjà fait dans un autre dossier judiciaire. En juin 2024, il avait été condamné à huit ans de prison pour un viol commis dans des circonstances similaires à Arras, après un procès à huis clos. La vice-procureure avait alors requis dix ans de prison.

Un dossier marqué par des failles et des incertitudes

Les faits reprochés à l’accusé s’inscrivent dans un contexte de soirée arrosée, où l’alcool et le cannabis auraient joué un rôle clé. Lors de l’enquête, le mis en cause avait déclaré ne pas se souvenir des événements, une défense que son avocat, Bruno Guilbert, entend mettre en avant.

« Il conteste ces nouveaux faits, confirme Me Guilbert. Mon client est actuellement en détention et je veux garder un regard objectif et soutenant pour défendre son positionnement. Nous mettrons en lumière les failles du dossier, car il y en a toujours », a-t-il déclaré à la presse.

Une victime introuvable, un procès sous le signe de l’absence

Du côté de la victime, c’est l’incertitude qui domine à l’aube du procès. Ludiwine Passe, son avocate, a confié à La Voix du Nord ne plus avoir de nouvelles de son client depuis plusieurs mois : 

« J’ai suivi son dossier pendant des années. Il est profondément traumatisé par les faits qu’il a subis, en précisant qu’il n’est pas homosexuel. Après la confrontation, ce fut le black-out total. Je n’ai aucune réponse à mes messages, alors qu’il a mon numéro. Je ne serai pas présente au procès, sauf s’il me rappelle », a-t-elle expliqué.

La cour d’assises du Pas-de-Calais a tout tenté pour permettre à la victime de témoigner, y compris par visioconférence depuis le commissariat d’Arras. Mais en raison de sa fragilité psychologique, sa présence reste incertaine.

Un accusé déjà condamné pour des faits similaires

L’accusé n’en est pas à sa première confrontation avec la justice. En juin 2024, il avait été reconnu coupable de viol dans une affaire distincte, mais aux circonstances comparables : une soirée dans les bars d’Arras, une victime sous l’emprise de l’alcool et du cannabis, et des faits niés par l’accusé. La condamnation à huit ans de prison avait alors marqué la gravité des actes reprochés.

Pour les observateurs, ce nouveau procès soulève des questions sur la répétition des schémas et la crédibilité des témoignages, dans un contexte où la parole des victimes de violences sexuelles reste souvent difficile à faire entendre.